06/04/2011

Hérault - Suppressions de classes dans la 7° circonscription

Victor HUGO avait dit : « Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons ». Qu’en est-il aujourd’hui ? C’est ce que je vous propose de découvrir dans les lignes qui suivent.
 
En raison du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, l’éducation nationale, plus grosse administration française, prévoit de supprimer 90 000 postes sur 5 ans (plus si l’on cumule toutes les suppressions de postes depuis que cette mesure est en place).
 
Tout en affirmant la même volonté de placer l’Education Nationale au centre des préoccupations de l’Etat, le gouvernement emploie des moyens qui semblent tout autre. Qui peut en être encore dupe ?
 
Selon le site du ministère de l’Education : « La politique de l’éducation prioritaire est une réponse aux difficultés sociales et scolaires concentrées dans certains établissements. Elle s'appuie sur une discrimination positive au service de l'égalité des chances. Elle tend à développer l’emploi des moyens publics qui permet de lutter contre les inégalités sociales et économiques dans les écoles et collèges. » http://www.education.gouv.fr/cid187/l-education-prioritai...
 
C’est clairement dit : « cette politique vise à corriger les effets des inégalités sociales et économiques ». Structurée en réseau (RAR : « Réseau Ambition Réussite, et RRS : « Réseau Réussite Scolaire »), elle ne concerne en réalité que très peu d’établissements en FRANCE. Dès lors, qu'en est-il des nombreuses écoles ou autres collèges situés en zone intermédiaire, voire dans un environnement où la réduction de ces inégalités devient un enjeu prépondérant pour lutter contre l’insécurité, la délinquance (tout le monde a en tête la polémique de cet été sur les chiffres publiés par le gouvernement à propos de la ville d’AGDE), la précarité (faiblesse des revenus, chômage, emploi à temps partiel, etc.), la pauvreté, etc., etc. (cette liste n’est pas exhaustive) ??? Mais aussi sur quels critères déterminer l’effort à consentir pour aider ces populations (notre communauté) ?
 
Si l’on en croit le site du Ministère de l’Education, c’est d’après les évaluations faites dans les écoles ou les collèges que sont déterminés ces classements. Or, c’est ici que nous pouvons observer l’effet pervers de cette politique et de ce type d’évaluation longtemps dénoncé par les enseignants : malgré la zone géographique défavorisée dans lequel l’établissement est situé, si les élèves réussissent « trop bien » leurs examens, l’administration « sanctionnera » cette réussite par des suppressions de postes ou des fermetures de classes. C’est ainsi que nos chères « têtes pensantes » encouragent la « crétinisation » de notre société tout en prétendant vouloir l’éduquer (la société par la « crétinisation » ; il arrive un stade où ce n’est plus « soignable » : posez la question à nos éminences grises et vous comprendrez). Nous sommes, donc, bien là dans le cadre d’une perversion qui, étymologiquement, signifie : retourner, renverser, bouleverser, corrompre ou inverser une situation, des mots ou des valeurs morales.
 
Concrètement, comment cela se traduit-il pour les communes de la circonscription ?
 
Et bien, c’est ce que je vous propose de découvrir dans le petit courrier joint à cet article et expédié à M. Philippe WUILLAMIER, Directeur des Services Départementaux de l’Education Nationale.
 
Le tableau et le classement annexé à ce courrier ne fait état que des écoles primaires de l’Hérault concernées par les suppressions de classes. N’ayant pu disposer ni suffisamment de temps, ni d’informations pour le compléter plus explicitement afin de développer une argumentation qui témoigne d’une certaine « irrationalité » dans les décisions de l’administration en matière de fermeture de classe, il donne cependant une bonne indication sur la façon dont le « système » s’y prend « pour corriger les inégalités sociales et économiques » que nous connaissons localement dans toute la circonscription.
 
Ce document est bien effectivement valable pour toutes les communes concernées par des suppressions de postes et donne un aperçu plus précis (bien que restant à compléter) sur « l’arbitraire » avec lequel ces choix sont effectués.
 
Autrement dit, nos enfants et l’avenir qu’ils représentent sont à la merci de gens qui ne se soucient guère de ce genre de détails et dont les préoccupations paraissent être aux antipodes de la mission du service public et de l’intérêt général qu’ils sont censés défendre.
 
Où allons nous (si nous ni sommes pas déjà sans en avoir conscience) ???
 
Pour une information complète sur la carte scolaire, dont dépendent la création et la fermeture des classes, veuillez lire l’article sur le site du Ministère de l’Education intitulé : « Qui décide d’ouvrir ou de fermer des classes » : http://www.education.gouv.fr/cid72/qui-decide-d-ouvrir-ou-de-fermer-des-classes.html
 
Pour toutes ces raisons (et bien d’autres encore qui ne peuvent être exposées dans ce seul article), la communauté éducative (parents, enseignants, syndicats et élus) vous donne rendez-vous vendredi 8 avril 2011 dès 14 heures devant l’Inspection d’Académie à MONTPELLIER pour protester contre ces fermetures de classes qui ne feront qu’accroître les inégalités sociales dans notre pays.
 
Citer Victor HUGO en introduction de cet article n’était pas anodin : il fut aussi l’un des plus farouches opposant à un certain Charles Louis Napoléon Bonaparte (premier président de la République française, élu le 10 décembre 1848 au suffrage universel masculin avant de devenir empereur des Français (1852-1870) et plus connu sous le nom de Napoléon III) sur lequel il écrivit un pamphlet politique, intitulé : « Napoléon le petit », d’une étonnante actualité (ce livre est disponible en ligne sur le web). L’histoire ne ferait-elle que se répéter ?
 
Nous remercions l’ensemble des personnes (parents, enseignants, syndicats et élus) qui se sont mobilisées jusqu’à présent et qui nous apportent leur soutien dans cette démarche. L’avenir de notre école en dépend.


Philippe VERGNES

Président de l'Association de Parents d'Elèves de VIAS

 

Article paru le mercredi 6 avril 2011 sur le journal d'information en ligne Hérault Tribune.