08/12/2012

Les pervers narcissiques manipulateurs

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Passée dans le langage courant, notamment grâce à l'impact médiatique des articles, émissions, débats et conférences dédiés à ce sujet, l'expression "pervers narcissique" a gagné le grand public. Mais que savons-nous au juste de cette théorie ?

 

Une relecture du concept qui offre une nouvelle approche des évènements sociaux et des crises de plus en plus fréquentes que nous traversons.

 

Un complément d'information utile à tous, même et surtout pour toutes celles et tous ceux qui s'imaginent être à l'abri de ces personnalités difficiles et du processus destructeur qu'elles insufflent à notre société.


Au-delà de l’actualité événementielle qui rythme l’audimat, il est assez surprenant qu’un thème tel que celui-ci, d’ordinaire réservé aux revues ou magazines spécialisés, soit si abondamment traité dans les médias d’actualité destinés à un large public. C’est tout d’abord le journal “Le Nouvel Observateur” qui a allumé la mèche avec une enquête sur « Les manipulateurs de l’amour » paru dans son n° 2463 du 19 au 25 janvier 2012. Cet hebdomadaire récidiva au mois de mars 2012 en leurs dédiant un dossier complet et sa page de couverture sous le titre : « Les pervers narcissiques » (“Le Nouvel Observateur”, n° 2471 du 15 au 21 mars 2012). C’est ensuite la plupart des médias, certaines chaînes télés et de nombreuses radios qui ont évoqué ce sujet avec un « enthousiasme » quasi « frénétique ».

Un pareil traitement, quelle que soit la source d’information habituelle utilisée (télé, radio, presse écrite, Internet, etc.), est très surprenant vu la nature du sujet qui ne semble pourtant pas correspondre aux standards de sélection classique que les éditorialistes réservent généralement pour la Une des journaux d’actualités.

Ceux qui connaissent cette problématique se souviendront qu’il y a cinq ans en arrière seulement, parler en public de perversion narcissique ou de pervers narcissique équivalait à mener un débat entre ufologues et sceptiques. Toutefois, les divers articles abordant cette problématique ont produit leurs effets et l’idée semble dorénavant ancrée dans le langage courant.

Pour autant, et malgré le satisfecit que le grand public accorde à cette notion, cette évolution ne s’est pas faite sans peine et nombreux sont encore les aprioris, les clichés ou autres préjugés qui résultent d’une vulgarisation, parfois excessive, d’un concept mal maîtrisé. Il faut dire que l’impact médiatique a banalisé l’usage de cette appellation, tant et si bien que cet état de fait peut laisser croire à une véritable invasion, non pas de petits hommes verts, mais de pervers narcissique. Nous sommes donc passés, en très peu de temps, d’un nihilisme complet envers une réalité inconnue, à une situation quelque peu ubuesque du genre : « nous sommes envahis par les pervers narcissiques ». Ce que dénoncent quelques « spécialistes » qui regrettent ou déplorent l’utilisation exagérée de cette terminologie parfois mise à « toutes les sauces ».

Mais qu’en est-il au juste ? Car si ces « experts » stigmatisent un phénomène contre-productif, ils ne l’expliquent pas pour autant. Et pour cause… la perversion narcissique est une théorie qui reste difficile à appréhender même pour les psys qui ont contribué à la faire connaître.

Pour preuve, si besoin est, la simple question de savoir qui, parmi ces personnes avisées, est en mesure de décrire le mouvement perversif (ou mouvement pervers narcissique) ?

Je vous rassure tout de suite, pour avoir posé la question à maintes reprises, la réponse reste quasi invariablement la même : « Le mouvement pervers narcissique ? Quèsaco ? »

Cet article n’ayant pas pour vocation de chercher les raisons d’une telle carence de la part des « promoteurs » du concept de pervers narcissique, je concentrerai mes efforts sur la description (forcément réductrice bien que faisant appel à de nombreuses citations qui ne sauraient être résumées afin de respecter l’authenticité des idées abordées) de ce que l’inventeur de cette théorie, à savoir Paul-Claude RACAMIER, a souhaité décrire en créant tout un vocabulaire spécifique pour symboliser (expliquer) ce « mouvement pervers narcissique ». Car si cette « contagion » (et le sentiment d’invasion qui en résulte) semble aujourd’hui gagner du terrain dans notre champ social, elle ne peut être correctement interprétée que si nous comprenons ce qu’est le « mouvement pervers narcissique ».

Avant d’aborder la description de ce processus, précisons toutefois que P.-C. RACAMIER a tout bonnement décrit certaines pathologies en considérant « l’homme comme un tout dans son environnement » (cf. « La nouvelle grille », Henri LABORIT). Autrement dit, par cette approche novatrice pour un psychanalyste, il a conceptualisé certains troubles relationnels en les observant « in situ » et en tenant compte du contexte dans lequel ces pathologies se développent, ce que ne font pas la plupart des descriptions nosographiques employées habituellement en psychiatrie ou en psychologie clinique. Et c’est peut-être selon ce point de vue qu’il faut replacer les critiques dont cette dénomination, quelque peu controversée au sein même du milieu psychanalytique, fait l'objet.

Dans un des rares textes relatant sa doctrine, P.-C. RACAMIER écrivait : « Le plus important dans la perversion narcissique, c’est le mouvement qui l’anime et dont elle se nourrit » [1]

Si nous voulons comprendre le sens de ce néologisme il va de soi qu’il nous faut connaître les explications que l’auteur nous donne à propos de ce mouvement perversif : « Le mouvement pervers narcissique se définit essentiellement comme une façon organisée de se défendre de toute douleur et contradiction interne et de les expulser pour les faire couver ailleurs, tout en se survalorisant, tout cela aux dépens d’autrui et, pour finir, non seulement sans peine, mais avec jouissance. » Quant à la perversion narcissique proprement dite, elle consistera dans l’aboutissement de ce mouvement : « sa destination, pour ainsi dire », précise RACAMIER qui en donnera son ultime définition dans son « Cortège conceptuel » (1993) : « La perversion narcissique définit une organisation durable ou transitoire caractérisée par le besoin, la capacité et le plaisir de se mettre à l'abri des conflits internes et en particulier du deuil, en se faisant valoir au détriment d'un objet manipulé comme un ustensile ou un faire-valoir ». Cependant, ce qui frappe le plus chez ce chercheur, outre l’extrême dextérité linguistique dont il a su faire preuve, c’est l’absence de place laissée au hasard dans tous ses écrits et notamment ceux qui traitaient spécialement de la perversion narcissique. Ainsi, ajoutait-il : « Le plus spectaculaire est le mouvement perversif ; mais le plein accomplissement ne se trouve que dans la perversion organisée, qui touche à la perversité morale. […] Combien, pour un seul pervers accompli, faut-il de pervers potentiels ou partiels, de pervers passagers ou manqués : c’est ce que nul ne saurait et ne saura jamais dire ».

C’est clair, net et précis et cela répond en grande partie aux questions que l’on peut se poser afin d’expliquer la prolifération des pervers narcissiques que semblent mettre en évidence les témoignages qui affluent suite aux parutions d’articles abordant ce domaine d’investigation.

Si de plus en plus de personnes s’estiment victimes de pervers narcissique (en famille, au travail ou dans la vie sociale) : c’est tout bonnement que de plus en plus de gens sont en proie à des « mouvements perversifs » (ou des « soulèvements perversifs »). Ce qui ne remet nullement en cause la pertinence de leur jugement, au contraire de ce qu’affirme certains psys pourtant très « prosélytes » lorsqu’il s’agit d’interpréter comment la perversion narcissique se manifeste chez un individu.

Autrement dit, l’utilisation du terme « pervers narcissique », pour désigner la souffrance qu’une personne peut éprouver lorsqu’il lui semble avoir reconnu ce type de personnalité dans son entourage, n’est pas aussi abusive que ce que certains voudraient bien nous le laisser croire, car effectivement, l’expression clinique de « pervers narcissique » recouvre une « organisation durable ou transitoire » d’un individu instaurant un mode relationnel particulier à autrui. Mais cela ne signifie pas pour autant que la personne victime d’un tel mouvement perversif soit la proie d’un pervers narcissique accompli. Car si la souffrance est la même et doit être entendue à sa juste mesure en raison du danger de mort auquel sont exposées toutes les victimes de « cruauté ordinaire »[2], la nuance est de taille : dans le cas d’un « soulèvement perversif » (autre terme pour désigner le « mouvement perversif » toujours « très spectaculaire ») l’agresseur peut encore prendre conscience de la dangerosité de ses actes (à la condition expresse – qui reste à satisfaire dans notre société – qu’il soit sévèrement mis face à ses responsabilités) ; alors que dans le cas d’une perversion narcissique accomplie, il n’y a, pour l’heure, aucune solution envisageable et des mesures drastiques devraient être prises pour protéger les victimes (et notamment les enfants qui sont les plus exposés dans les cas de conflits familiaux) de ce type de prédation morales (ou relationnelles).

Toutefois, bien que cet article ait été rédigé pour préciser ce en quoi les accusations portées à l’encontre d’une personne qui adopte des comportements « pervers narcissiques » ne sont pas aussi infondées que ce que certains voudraient bien nous le laisser croire[3], il convient d’admettre que, remettre dans son contexte une situation d’emprise instaurée par un « prédateur » (occasionnel ou permanent) au regard du mouvement perversif tel que défini par P.-C. RACAMIER, nécessite une analyse un peu plus fine que celle qui est proposée chez certains psys.

Par ailleurs, pour que le « mouvement pervers narcissique » s’installe et s’organise « il faut en avoir à la fois la nécessité profonde et l’opportunité ». C’est-à-dire qu’il faut que certaines conditions de plusieurs sortes soient simultanément remplies : « les unes de fond et les autres de rencontre, les unes personnelles, et d’autres “situationnelles” ». Ce que nous aborderons dans la seconde partie de cet article en traitant de la « pensée perverse » (les conditions de « fond ») et des « noyaux pervers » (les rencontres opportunistes et les coalitions perverses qui n’ont absolument rien à voir avec la relation qu’un pervers narcissique entretient avec sa victime et avec qui elles sont si souvent confondues au grand dam de cette dernière).

Un chapitre important, car étudier le mouvement perversif c’est effectuer une relecture des perversions narcissiques à la lumière des éclaircissements que nous apporte ce chercheur. C’est comprendre comment notre société fait le nid, protège et développe la corruption, les systèmes pervers et autocratiques dont la présence, au niveau organisationnel de nos sociétés « modernes », se fait de plus en plus sentir. C’est également observer les crises (toutes les crises et c’est peu dire) que nous traversons sous une nouvelle approche, particulièrement clairvoyante et perspicace, dans leur phase de développement préalable à leur « implosion ». Ce qui, tout bonnement, nous permettrait de les anticiper plutôt que de les subir.

Tout un programme.

 

Philippe VERGNES

Nota :

De nombreuses descriptions du pervers narcissique existent sur Internet, certaines étant plus pertinentes que d’autres. À titre d’exemple, vous pourrez en trouver une au lien suivant : « Pervers narcissique : 20 pistes pour les reconnaître ». En revanche, peu d’études se sont consacrées aux victimes de ces prédateurs relationnels et aux conséquences de ces derniers sur leur entourage, mais s’il est un phénomène à connaître c’est bien celui du « décervelage » (autre néologisme de P.-C. RACAMIER) que la manipulation instaure au travers de l’emprise : « Pervers narcissique : Les personnes les plus intelligentes sont les plus exposées ».

Article paru le 10 décembre 2012 sur le site Agoravox


[1] Paul-Claude RACAMIER, « Le génie des origines », p. 280, Payot, 1992.Paul-Claude RACAMIER, « Le génie des origines », p. 280, Payot, 1992.

[2] Titre d’un livre sur la prédation morale écrit par le Dr Yves PRIGENT, neuropsychiatre, spécialisé dans l’étude des dépressions et des suicides.

[3] Serge HEFEZ, qui, le 6 mai 2007, n’a pas hésité à écrire un article sulfureux sur la perversion narcissique de notre ex-président, à savoir Nicolas SARKOZY (à lire sur son blog « Famille, je vous haime » : « Petite leçon de psychologie : le pervers narcissique et ses complices »), s’est récemment plaint du fait que depuis que « Le Harcèlement moral, la violence perverse au quotidien », de Marie-France HIRIGOYEN, est sorti, son cabinet est plein de patients qui viennent parler de leur PN (à lire sur le site de L’express : « Les pervers narcissique en dix questions »).

Commentaires

Merci pour cet article et pour tout le site. Etant moi-même victime d'une "PN", je suis heureux d'avoir un point de vue fouillé, global et objectif sur la question. Merci. On en chie.

Écrit par : Peuimporte | 16/05/2013

Personnellement, j'arrive à un stade où je commence à me fatiguer de lire sur le sujet, enfin, sur les PN (...bien que je viens d'ingurgiter avec grand intérêt tous les articles ici lol) Je m'explique: depuis 6 ou 7 ans maintenant que j'ai pris conscience de cette pathologie, j'ai eu trois relations successives avec des PN (permanents et/ou transitoire, qui peut dire, puis les dégâts sont les mêmes). Voilà, ok, je pense avoir bien capté ce concept tentaculaire, vicieux, pluridisciplinaire je dirais même (je n'en ai pas eu deux les mêmes, sans parler des relations précédentes, qui avec le recul, sont assez "puantes" aussi) ...et puis après?! On n'agit pas sur les autres, c'est déjà vrai avec les individus relativement sains, avec les PN c'est même une idée carrément risible. Mais donc, je voudrais agir sur moi! Pourquoi?! Pourquoi est-ce que je continue à aller les chercher/les laisser venir?! (je ne sais même pas si c'est l'un ou l'autre!). J'attends avec impatience des articles qui réfléchirons de concert sur les profils des "victimes", qui souvent répètent ce schéma! Pour peut-être enfin pouvoir le casser et passer à des relations intimes (car les autres relations sont parfaitement gérées, les PN dont je ne suis pas amoureuse, je les repère en moins de deux lol) plus saines. Il y a plus et de tout (à prendre ou à laisser) dans plusieurs têtes, alors vivement cette prochaine étape de réflexion collective.

Écrit par : Longpied | 11/06/2013

Bonjour,

Freud disait : « Ce qui est demeuré incompris fait retour tel une âme en peine, il n’a pas de repos jusqu’à ce que soit trouvé solution et délivrance ». Bien souvent la répétition s'inscrit dans le cadre de notre histoire personnelle et puise ses racines dans nos "programmations".
De nombreux auteurs parlent des victimes. Les plus pertinents ont des formations en victimologie, mais cette discipline est encore en France sous représentée bien qu'en plein essor.
Bien souvent, les victimes ne sont pas celles que l'on croit et sont loin des clichés tel que l'image populaire se les représentent. C'était l'objet de mon interview par le Nouvel Obs citée en lien en fin d'article : "Pervers narcissiques, les personnes les plus intelligentes sont les plus exposées".
Toutefois, compte tenu du nombre de mots limités lors de cette interview, il serait effectivement nécessaire d'apporter des précisions concernant certains "raccourcis" que cet hebdo a pris pour "caser" ce texte dans un article.
C'est en projet, mais merci de le rappeler !

Écrit par : Philippe VERGNES | 12/06/2013

Bonjour et merci pour votre réaction,

Nous sommes bien d'accord, j'ai heureusement conscience que cette répétition a un dessein utile. Enfin, je dirais plutôt que mon intellect le sait, car malheureusement, cela n'empêche que je reste affectée, infectée même, dans mon amour-propre et ma confiance en moi. J'ai beau savoir que je n'ai pas de raison rationnelle pour me sentir honteuse, le sentiment de honte est pourtant bien là, j'ai beau savoir que je suis loin d'être idiote, émotionnellement je me sens pourtant bien stupide, stupide de retomber dans le piège, mais aussi et surtout stupide de ne pas trouver ma clef à moi, ma solution, mon changement. J'ai aussi cette crainte que "l'intellectualisation" soit devenue chez moi compulsive, depuis maintenant environ 15 ans que j'ai pris conscience que je dois travailler sur moi (suite à un passage dépressif assez sévère qui a tiré la sonnette d'alarme), je cogite, consulte, ingurgite livres et articles, échange avec des interlocuteurs de tous bords... j'ai beau comprendre de plus en plus, visiblement quelque chose continue de "coincer", j'ai même carrément le sentiment que au plus je comprends, au plus je vais me frotter à des "cas" de plus en plus vicieux (mais tout de même pour des relations de moins en moins longues et emprisonnantes ...peut-être donc tout de même une forme d'avancée lol). Je tente donc pour l'instant une autre forme d'exploration, l'auto-hypnose ...mais j'en suis à un stade de douter de tous mes actes au point de craindre aussi que changer de route puisse être une nouvelle stratégie inconsciente d'éviter la bonne porte dont je m'approche peut-être? Bref, à ne plus avoir confiance en mon jugement, pour m'interdire une possible fuite inconsciente, je m'oblige à tout ...et ça m'épuise. j'ai vraiment peur de perdre ce que je suis (j'étais?), de m'éloigner de mes valeurs, comme la tolérance (mais ne le suis-je pas trop?), la confiance d'office, jusqu'à preuve du contraire et non à gagner (mais est-ce que je me fourvoie?), la joie de vivre (mais visiblement, il n'y a que les PN qui n'en ont pas peur, dans la relation amoureuse j'entends, en relation amicale je n'ai encore une fois aucun mal à aller vers des personnes authentiquement du même tempérament et à éviter les caméléons). Je refuse l'idée d'avoir à cacher/brider ma nature (bien que pour l'instant, je sois incapable de sortir faire la fête même si ça me manque, mon incompétence me fait trop peur), de devenir jugeante/méfiante/intolérante (bien que je me trouve franchement acariâtre et râleuse en ce moment ...et ça me désole et me mine encore plus). Tout cela, ce que je veux croire, ce que je suis là malgré moi, ce que je devrais peut-être faire/penser/changer, tout cela forme une bouille insaisissable, un sac de noeuds impossible à trier et évaluer avec ce qu'il me reste de ressources. Ma plume s'est emportée ...je fais l'effort de ne pas m'en excuser lol. J'espère un peu que cette bouteille à la mer puisse peut-être motiver d'autres langues à se délier et se rallier pour ensemble trouver ne fût-ce qu'un peigne pour avancer un peu dans le démêlage lol

Écrit par : Longpied | 12/06/2013

Bonjour,

En vous lisant je pense à une chose : peut-être vous serait-il utile d'explorer la voie de "l'hypersensibilité" au sens qu'en donne Jeanne SIAUD-FACCHIN dans ses deux livres : "L'enfant doué, l'aider à grandir, l'aider à réussir" et "Trop intelligent pour être heureux ? L'adulte surdoué".
Il n'existe que peu d'études sur "l'hypersensibilité" et les représentations que l'on s'en fait sont malheureusement trop incorrectes et étriquées. C'est un sujet auquel je compte m'attaquer lorsque j'aurais terminé celui de la perversion narcissique sur lequel j'ai encore beaucoup à dire compte tenu des idées reçues que ce concept véhicule. Mais vous pouvez l'explorer à votre guise via des recherches Internet ou bien les ouvrages cités ci-dessus auxquels viennent s'ajouter ceux d'Elaine N. ARON : "Ces gens qui ont peur d'avoir peur - Mieux comprendre l'hypersensibilité" ; de Cristell PETIT-COLIN : "Je pense trop - Comment canaliser ce mental envahissant" et de Savério TOMASELLA : "Hypersensibles : trop sensibles pour être heureux ?". Ce sont, à ma connaissance, les seuls ouvrages qui sont parus en français sur un phénomène quasi ignoré jusqu'alors et auquel certains chercheurs commencent à peine à s'intéresser.
De très nombreuses victimes de perversion narcissique se reconnaissent dans les descriptions de l'hypersensibilité faîtes par ces auteurs et ce n'est pas un hasard.
Bon courage dans vos investigations.

Écrit par : Philippe VERGNES | 13/06/2013

Merci infiniment pour cette réponse, je note ces pistes et j'attends avec "impatience" vos prochains articles.

Écrit par : Longpied | 13/06/2013

Bonjour, si vous en avez le temps, j'aimerais beaucoup avoir votre analyse personnelle sur cet article:

http://conscience-ponctuelle.net/2013/07/18/les-pervers-narcisseurs-manipulatiques-ca-sent-le-caca/

Écrit par : Longpied | 24/08/2013

Bonjour Longpied,

J'avais précédemment répondu à votre message, mais j'ignore pourquoi, je viens de m'apercevoir en postant mon dernier article que ma réponse n'avais pas été enregistrée (La fabrique des imposteur : si le pervers narcissique m'était "compté" ou comment l'idéologie néolibérale modifie nos personnalités, cf lien : http://manipulationetlibrearbitre.blogs.midilibre.com/archive/2013/09/01/la-fabrique-des-imposteurs-si-le-pervers-narcissique-m-etait.html).

Je disais en substance que le temps me manquait en ce moment pour me pencher sur une critique de l'article dont vous me communiquez le lien, mais que je comptais un jour m'attaquer à une critique des critiques du concept de pervers narcissique, car de manière générale, ceux qui s'opposent à cette terminologie ne connaissent pas les écrits de Paul-Claude RACAMIER. C'est un fait récurant, même chez les professionnels de la santé mentale.

Il est toujours pour moi intéressant et très instructif de connaître des points de vue contradictoires et de tenter de comprendre le raisonnement qui permet d'aboutir à des conclusions différentes. A ce titre, je lis toujours les écrits des "détracteurs" du concept de pervers narcissique sur lesquels je "tombe" et ne tarde pas à en déceler les "lacunes".

Je dois m'attaquer à deux autres articles sur le sujet qui risquent de me prendre encore pas mal de temps (l'un sur l'empathie et la conscience morale - qui sera peut-être rédigé en deux parties selon la longueur du texte - et l'autre sur la prise en charge thérapeutique et la reconstruction des victimes ayant subit ce type de traumatisme. Je pourrais ensuite écrire une "critiques des critiques" et lancer un débat à ce sujet qui pourrait s'avérer intéressant.

Maintenant, concernant spécifiquement l'article que vous m'avez fait découvrir, il y a un peu de tout et il n'est pas impossible que je prenne contact avec son auteur pour en connaître un peu plus sur ses intentions lorsqu'il a eu l'idée de rédiger un tel billet. D'autant plus qu'il me semble assez ouvert au dialogue ce qui n'est pas le cas de tous les détracteurs du concept de p.n. Par ailleurs, le principal défaut de ce texte réside dans le fait qu'il ignore ce que j'expose dans mon avant dernier article sur les traumatismes psychiques consécutifs aux agressions perverses (cf. lien : http://manipulationetlibrearbitre.blogs.midilibre.com/archive/2013/07/03/perversion-narcissique-et-traumatismes-psychiques-l-approche.html#more).

Espérant avoir (en partie) répondu à vos attentes, je vous souhaite une bonne journée.

Cordialement

Écrit par : Philippe VERGNES | 02/09/2013

merci pour votre réponse, je patienterais donc ;)

Écrit par : Longpied | 02/09/2013

Cher Monsieur,

D'abord merci de l'ensemble de vos interventions qui donnent à lire une analyse d'une finesse impressionnante sur le cas des pervers narcissiques, ainsi que sur la mise en lumière actuelle, les détracteurs du concept...
Ma question serait de savoir si les pervers narcissiques entretiennent des liens de similitude avec les personnalités obsessionnelles ? Il me semble que tous deux ont un rapport d'emprise et de contrôle, bien que leur finalité sur le désir d'autrui n'est pas précisément la même. Vous saurez la chose mieux que moi.
Mais, peut-être qu'un pervers narcissique peut avoir une personnalité obsessionnelle, personnalité qui revêtirait une perversion narcissique ? Qu'en pensez-vous ?

Mille mercis

Écrit par : Benjamin de Salaçar | 22/03/2014

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