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24/06/2011

La violence à l'école - Partie 2/2

Les suppressions de classes ont des conséquences sur la qualité des enseignements (lire à ce propos notre article dans le précédent numéro de « l’Agathois ») qui semblent dépasser le cadre des missions normalement dévolues à l’éducation nationale. Pour autant, c’est bien à l’école que nos enfants ont le plus de chance d’apprendre les règles de vie en société.

Dans son ouvrage sur « La violence à l’école » (page 30), Bernard DEFRANCE, ancien professeur de philosophie et formateur d’enseignants, membre de la section française de DEI (Défense des Enfants International), nous informe : « l’enjeu est désormais clair : pour répondre au défi de la violence, il importe d’essayer de définir les conditions d’une véritable construction de la citoyenneté à l’école, et pas seulement dans les quartiers dits « sensibles ». En effet, des trois fonctions de l’école, instruire (produire des individus aussi savants et cultivés que possible, former (produire des individus aptes à s’insérer dans la vie professionnelle) et éduquer (produire des citoyens), c’est aujourd’hui la troisième fonction qui devient première et conditionne la réalisation des deux autres. L’instruction sans l’éducation, de même que le développement des qualités professionnelles sans la dimension civiques peuvent produire des individus encore plus dangereux que les ignorants ou les incompétents ; savoir et compétences peuvent ainsi être mis au service des pires violences, ou simplement des ambitions destructives de soi et d’autrui. »

Or, les suppressions de postes dans l’enseignement favorisent l’apprentissage des deux premières fonctions de l’école au détriment de la dernière au risque de produire des individus ambitieux, manipulateurs, destructeurs et peu sociables (dans la plupart des cas sous couvert d’une apparente « sainteté »).

Alors que ce type de mise en garde devrait nous alerter et nous faire réfléchir, la politique de gestion menée dans l’Education Nationale ne fera que précipiter notre société vers plus d’insécurité, de conflit, et donc de violence.

C’est conscient de ce phénomène pervers que nous avons rédigé notre bulletin d’information n° 4 de juin 2011, dont l’article est paru dans ces colonnes la semaine dernière, et que nous avons écris à M. le député de la circonscription (même si notre lettre ne faisait pas mention de ce lien - suppression de postes / violences -, elle est en mettre en contexte avec notre article ci-dessus précité que nous avons joins à ce courrier).

Lettre du 21 juin 2011 à Monsieur le Député :

« Les parlementaires sont par définition les représentants du peuple auprès du gouvernement. C’est tout du moins ainsi que les électeurs se les représentent depuis MONTESQUIEU.

Si nous nous permettons de vous saisir aujourd’hui, c’est en raison d’une problématique qui touche notre communauté éducative, mais aussi et au-delà, tous les habitants de notre ville de part les effets induits des mesures injustes et inappropriées qui nous touchent.

Par lettre du 4 avril 2011, dont copie jointe, nous faisions part à M. Philippe WUILLAMIER, Directeur Général de l’Education Nationale de l’Hérault, de nos préoccupations concernant les décisions de fermetures de classes et les suppressions de postes que l’Inspection d’Académie projetait de faire sur notre commune.

La Commission Départementale de l’Education Nationale (CDEN), qui s’est réunie le vendredi 16 avril 2011 à MONTPELLIER, a statué en dernier ressort sur les fermetures de classes et les suppressions de postes dans le département de l’Hérault et a confirmé la carte scolaire annoncée en CTPD (Commission Technique Paritaire Départementale qui s’est tenue le mardi 5 avril 2011). Cela représente pour notre seule école élémentaire la suppression de 2,5 postes d’enseignants.

Or, la communauté éducative de cet établissement scolaire n’a eu de cesse de dénoncer les prévisions du nombre d’élèves qui ont été faites, nous concernant, pour la prochaine rentrée scolaire par l’Inspection d’Académie. Ces prévisions « tronquées », ne tenant pas compte de notre spécificité locale, ont permis la suppression des 2,5 postes précités.

A la date où nous vous écrivons, il s’avère d’ores et déjà que le nombre d’élèves inscrits pour la rentrée scolaire de septembre 2011 est supérieur au minimum prévu par notre directeur d’école et également supérieur au nombre d’élèves scolarisés cette année. Soit 342 élèves inscrits au lieu des 330 pris en compte par l’Inspection d’Académie et les inscriptions continueront jusqu’à la rentrée prochaine. Si ces chiffres avaient été pris en considération par notre Inspecteur d’Académie, il n’aurait jamais pu justifier les suppressions de postes et la fermeture de classes qu’il nous a imposées.

Ainsi, il ressort de ce dossier que le nombre d’enfants présents dans notre école a été minimisé afin de pouvoir justifier les fermetures de classes annoncées. Est-ce par de tels procédés que l’administration montre l’exemple à nos enfants ?

Au-delà de l’indignation suscitée par de telles pratiques (est-il juste de parler d’incompétence dans ce cas là ?), c’est toute la communauté viassoise qui est touchée par ces mesures car, comme vous pourrez le lire dans le courrier ci-joint publié sur le site Hérault Tribune en date du 06 avril 2011, notre commune située sur votre circonscription est l’une des villes les plus défavorisées de l’Hérault, département, qui lui-même, est l’un des plus défavorisé de France.

Sans vouloir débattre de la politique à mener concernant le service public de l’Education Nationale, nous tenons simplement à vous rappeler que l’école est l’un des moyens de lutte les plus efficaces contre les inégalités sociales parce que « l’égalité a un organe : l’instruction gratuite et obligatoire » (Victor HUGO, « Les misérables ») et qu’en réduisant le nombre de personne que cet écrivain-poète-politicien appelait « les jardiniers en intelligence humaine » nos gouvernants contribuent à créer, comble de l’ironie, l’insécurité qu’ils prétendent combattre.

A propos de « misère » justement, nous attirons également votre attention sur le fait que votre circonscription est celle qui présente l’un des taux de chômage le plus important de France (source INSEE). Si nous corrélons ces données avec les informations concernant le nombre de familles dépendantes des minima sociaux, votre circonscription ne serait pas loin de détenir de bien tristes records, car « le taux de RMIstes sur le territoire de la commune de VIAS (8,13 % en 2007) est plus de 2,5 fois supérieur à la moyenne nationale (3,1 % de la population totale) et pour 15 % de la population, soit 20,3 % des ménages, les revenus proviennent majoritairement des transferts sociaux (RMI, API, AAH, ASV, ASI) » (source Rapport d’observations définitives de la Chambre Régionale des Comptes en date du 4 avril 2011).Avec 19,3 % de chômeur et 8,13% de RMIstes (d’après le recensement de 2007 alors qu’il est à prévoir que la situation se soit aggravée depuis la crise financière de 2008), cela représente plus de 27 % de la population en situation de précarité extrême.

Face à de tel constat, nous vous demandons de bien vouloir intercéder en notre faveur auprès du ministre de l’Education afin de corriger les erreurs commises par l’Inspection d’Académie dans son décompte du nombre d’élèves scolarisés sur l’école Jean Moulin de VIAS et dont l’estimation « mutilée » a eu pour conséquence les suppressions de postes et les fermetures de classes que nous dénonçons dans ce courrier.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Député, l’expression de nos hautes considérations ».


Philippe VERGNES

Président de l’Association des Parents d'Elèves Viassois


N. B. :

Dans le prolongement de ces articles de l’APEV, nous avons saisi le ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative afin de lui transmettre toutes ces informations. Nous vous informerons des réponses qui nous seront faites lorsque nous les recevrons.

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