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19/12/2011

Remède anti-crise : un peu d'humour !

Petit billet d'humour :

"Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c’est une crise. Depuis que je suis petit, c’est comme ça !" 

[Coluche]


Récemment sur ce site, de nombreux articles sont parus au sujet de la crise financière actuelle. Ils témoignent tous d’une certaine inquiétude au sujet des conséquences de notre situation économique. Lorsque nos hommes politiques se montrent eux-mêmes dépassés par les évènements, il devient difficile de calmer l’angoisse de la population qui de ce fait ne peut que croître. Alors que faire ?

Coluche disait : « Je suis la manivelle des pauvres, je leur remonte le moral ». Sacré Coluche !!!

Il est vrai qu’il avait un don particulier pour persifler nos hommes politiques et tourner en dérision leurs déclarations.

Certes, l’humour ne résout rien mais c’est une bonne thérapie pour garder le moral lorsque nous devons affronter des périodes difficiles. Un remède d’autant plus nécessaire que nous sommes passés en quelques mois d’un optimisme béat à un pessimisme bilieux.

Le spectre de la récession semble poindre à l’horizon et affole nos représentants qui tentent par tous les moyens de se voiler la face pour ne pas la voir ou ne pas y croire. Vive la méthode COUÉ. Cependant, « il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir » ou, dans le même registre applicable en la circonstance, « il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre ».

La croissance est en berne depuis déjà longtemps et ce n’est pas par le truchement des statistiques en trompe l’œil qui annoncent toujours des résultats positifs que les données du problème changeront (cf article Hérault Tribune du 29 octobre 2011: http://www.herault-tribune.com/articles/11129/le-tourisme...).

Face à cette situation, les solutions de nos responsables politiques sont étrangement « fades », « livides », inconsistantes… pire encore, elles n’ont pour conséquences prévisibles que d’aggraver le mal au lieu de l’éradiquer.

Dans un tel contexte, les prochaines élections qui se dérouleront dans le courant de l’année 2012 seront capitales à suivre, voire à commenter car dans la foulée des présidentielles viendra les élections législatives qui détermineront l’action du futur gouvernement. Or, parmi nos candidats déclarés (tant pour les présidentielles que pour les législatives), aucun n’a su prendre, pour l’instant, la mesure de l’ampleur de cette crise car c’est une chose que d’en parler mais c’en est une toute autre que de savoir en mesurer la gravité et en tirer les conclusions qui s’imposent (cf article Hérault Tribune du 12 octobre 2011: http://www.herault-tribune.com/articles/10992/les-emprunt...).

En attendant de connaître plus de détail sur les intentions de nos candidats, et en cette période de fête de fin d’année, voici un petit divertissement sur lequel ils devraient méditer :

 

Nous somme gouvernés, oserai-je le dire,

Par des abrutis qui nous conduisent au pire.

Une convive de marque s’est invitée à table

Elle a pour nom la crise et se dit insatiable.

Sur elle ils chanteront de douces mélodies

Qui ressemblent plutôt à de la comédie.

S’amusant à jouer au plus intelligent

Ils nous font un concours du plus incompétent.

 

Que cherchent ces félons

Au langage abscons ?

Souhaitent-ils notre mort

En tout dernier ressort ?

Des pensées suicidaires

On ne peut leur soustraire,

Mais serions-nous vaincu

Sans nous être battu ?

 

Certains ont bien connu

Ces étranges faux culs

Qui disant nous défendre

Ne pensent qu’à nous pendre.

 

Obsédés qu’ils sont tous par nos maigres pécules,

A moins que ce ne soit d’un autre mot en « ule »,

Nous refusons de voir quelle mouche les pique,

Et de croire qu’ils sont, eux aussi, fanatiques.

 

Nos passions nous exaltent à des débordements

Qui nous conduisent à croire que personne ne ment.

Quand cesserons-nous de trouver plaisant

Les discours lénifiants de tous nos dirigeants ?

 

C’est bien là le problème de toutes ces rengaines

Tenues par des dévots pour soulager nos peines.

Parmi les malfaisants qui prodiguent conseils

Tout en nous professant un très profond sommeil,

Ce peut-il qu’une icône se détachant du ciel

Elimine les virus de notre logiciel ?

Car tels des automates nous sommes programmés

Au gré des beaux discours qui nous ont enchanté.

 

Dans l’ardente clameur des jours sans lendemain,

Qui marque les légendes et force le destin,

Nous devons réapprendre à nous tenir la main

Si nous voulons aussi prendre part au festin.

 

Ce petit texte écrit sans prétention a été inspiré d’après le livre intitulé « Comédie sérieuse sur la crise financière en trois actes et en alexandrins » de Frédéric LORDON.

En cette période de fêtes, vous seriez bien avisés d’offrir ce petit bijou de littérature artistique, digne d’un certain style d’écriture pratiqué au temps du siècle des Lumières, qui est tout à la fois didactique, distrayant, habilement rédigé et à la portée de n’importe quel profane. Ce qui est en soi un exploit lorsque l’on aborde un sujet aussi complexe que l’économie politique telle qu’elle se présente à nous aujourd’hui.

 

Lors de mon dernier article intitulé : « Notre député défend son bilan à sept mois des législatives » (cf paru sur le site Hérault Tribune le 07 décembre 2011 : http://www.herault-tribune.com/articles/11474/notre-deput...), j’exprimais l’importance de se « réapproprier » certains des fondamentaux qui ont permis la construction de notre République, je conclurais donc ce petit billet par une citation de James MADISON, quatrième président des États-Unis de 1809 à 1817, considéré comme l’un des principaux auteurs de la Constitution et en particulier de l’équilibre entre les pouvoirs législatif, judiciaire et exécutif, l'un des Pères Fondateurs des Etats-Unis : « Rien ne pourrait être plus déraisonnable que de donner le pouvoir au peuple, mais en le privant de l’information sans laquelle se commettent les abus de pouvoir. Un peuple qui veut se gouverner lui-même doit s’armer du pouvoir que procure l’information. Un gouvernement du peuple, quand le peuple n’est pas informé ou n’a pas les moyens d’acquérir l’information, ne saurait être qu’un prélude à une farce ou à une tragédie - et peut-être même les deux ».

Cette information, de nos jours, il faut se battre pour aller la chercher car nos médias traditionnels nous en privent depuis déjà longtemps. Ce qui n’est pas bon signe.

A ce titre Internet et les médias alternatifs, tel que le site de libre expression Hérault Tribune, sont les seuls outils de « résistances » citoyennes encore accessibles au grand public. Pour combien de temps encore ? Car à défaut de les défendre et de les plébisciter vigoureusement, certaines lois en gestation menacent de les contrôler eux aussi.

Ne perdons pas de vue, comme me le faisait très justement remarquer un éminent magistrat très engagé dans la lutte pour la protection civique, que « nos droits ne s’usent que si l’on ne s’en sert pas ».

 

Philippe VERGNES

 

Article paru le mardi 19 décembre 2011 sur le site d'information en ligne Hérault Tribune

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