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07/01/2011

Une ZAC au nord de VIAS - Partie 1/4 -

Sur la commune de VIAS, les ZAC sont comme les champignons.

Elles poussent à la morte saison.

Nos élus ne manquent pas d'humour.

En maître de notre petit bourg,

Manquant d'idées et de projets

Ne sachant pas gérer leur budget

Ils ont du s'imaginer :

"On peut quand même rigoler,

A défaut de solutions

Pour les vrais problèmes de fond

Ne trouvant plus quoi inventer

Pour vous faire patienter

Si nous vous proposions une ZAC

Histoire de vous mettre la tête en vrac."


La municipalité de VIAS s’apprête à implanter une ZAC au nord de la ville. La construction de ce nouveau quartier comprendra 261 logements (dont 30 % de logements aidés) sur une surface d’environ 7 ha. Cet aménagement augmentera la population locale de 600 habitants (MIDI LIBRE du jeudi 25 novembre 2010) et sera ultérieurement porté à s’étendre, à l’ouest de cette zone vers le supermarché, sur près de 10 ha supplémentaires. Ce qui représentera au total 17 ha bâtis, à plus ou moins longue échéance, pour une capacité totale d’accueil évaluée à près de 1 500 personnes de plus dans notre cité.

On se souviendra que la précédente municipalité avait décidé, lors du conseil municipal du 21 octobre 2005, d’aménager le nord de la ville sur 55 ha de terrain (soit l’équivalent de 5 000 habitants en conservant les mêmes rapports de densité de population au m²).

La commune a présenté ce projet immobilier en conseil municipal du 28 juillet 2010. En conformité avec la réglementation en vigueur, nous a-t-on informé, elle a délibéré sur les objectifs poursuivis et sur les modalités de la procédure de concertation qui associent, pendant toute la durée de l’élaboration du projet, les viassois, les associations locales et les autres personnes concernées (voir la lettre municipale n° 313 de septembre 2010). La première réunion publique a eu lieu à la salle des fêtes le vendredi 19 novembre 2010 et un registre, sur lequel chaque viassois peut y déposer un commentaire, a été ouvert. Il est librement consultable au service de l’urbanisme de l’Hôtel de Ville.

Après avoir entendu l’exposé des différents intervenants, des personnes parmi l’assistance ont posé quelques questions :

  1. d’ordres techniques tel que :

    • l’élargissement des ponts qui enjambent la voie ferrée, dont le coût n’était ni prévu, ni chiffré

    • le raccordement des eaux usées, VIAS dépendant toujours de la station d’épuration d’AGDE

    • le type d’habitat en R + 2 et R + 3 partiel

    • etc.

  2. sur les équipements et les services communaux permettant d’accueillir ce surplus de population (rappelons-nous que dans son éditorial de la lettre municipale n°315 de novembre 2010, M. Patrick HOULES, Maire-adjoint chargé des travaux, déclarait, à juste titre, que : « La liste est longue de ce que nous pourrions énumérer encore en matière de réalisation en cours et à entreprendre tellement VIAS compte de retards quant à ses « voies-rires » - heu… !!! excusez le lapsus, je voulais dire « voiries », Ndlr - ou à l’entretien de ses bâtiments communaux »

  3. sur des inquiétudes résultant de l’affaire de la ZAC de VIAS-PLAGE

  4. ou sur des préoccupations plus personnelles, mais néanmoins tout aussi légitimes, émanant de propriétaires concernés.

N’en déplaisent aux principaux intéressés, et au contraire de ce que l’article du MIDI LIBRE paru le 19 nOvembre 2010 avait pu le laisser présumer, les réponses apportées à ces interrogations n’ont pas permis de dissiper les doutes quant à l’opportunité et à l’utilité d’une telle réalisation.

Pour paraphraser un auteur que semble apprécier notre municipalité, et qui très pertinemment disait : « nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants », l’avenir d’une ville se construit en tenant compte de l’héritage que nous souhaitons transmettre à nos descendants. 600 personnes de plus sur la commune de VIAS se traduit par la scolarisation de 60 à 70 élèves pour les écoles primaires (maternelles et élémentaires), 30 à 35 collégiens et une vingtaine de lycéens, soit respectivement deux, voir trois classes de plus sur les écoles de VIAS et au minimum une sur le collège de BESSAN. Quant aux lycéens, les établissements vers lesquels ils se dirigent sont de tailles suffisamment importantes pour absorber le surplus d’élèves généré par cette opération.

Notre ville est actuellement à la 34ème place sur les 343 communes que compte le département. A ce niveau, il n’existe seulement que 6 agglomérations (de plus de 5 500 habitants) qui ne possèdent pas de collège. Sur ces 6 villes, deux seulement comptent un nombre de collégiens supérieur à la commune de VIAS. Il s’agit de COURNONTERAL (5 640 hab.) et de VENDARGUES (5 538 hab.) et sont toutes deux situées à proximité de MONTPELLIER.

Si ce projet de ZAC se réalise en totalité, nous serons alors parmi les 20 premières villes les plus importantes sur les 343 communes que compte le département et nous serions la seule agglomération de plus de 7 000 habitants ne disposant pas de collège tout en comptant un nombre d’étudiants parmi les plus importants de l’Hérault.

Nous sommes, crise mondiale oblige nous dit-on, en pleine politique d’austérité et l’éducation nationale n’échappe pas, bien au contraire, aux plans de rigueur mis en place dès cette année. Nous en avons récemment eu quelques exemples dans l’actualité locale (grèves pour postes sans professeurs nommés pendant plusieurs semaines au lycée Henri IV et Jean-Moulin de BEZIERS, réforme des professeurs stagiaires sur le collège de BESSAN, absence d’AVS sur la maternelle de VIAS jusqu’au retour des vacances de Toussaint, etc.).

Considérant cet état de fait, pourra-t-on accueillir décemment, tout en préservant la qualité des enseignements qui sont actuellement dispensés dans les établissements scolaires, la quantité d’élèves qui arrivera dans notre cité ?

Un exemple : la cantine communale ne permet déjà plus d’accueillir les enfants demi-pensionnaires de VIAS. A-t-on prévu de ne pas faire manger, le temps du midi, les nouveaux arrivants qui s’inscriront dans nos écoles ? Considère-t-on que nous n’aurons que des élèves externes qui seront scolarisés à VIAS ?

Plus probablement, la discrimination étant lourdement sanctionnée, personne n’y a pensé et nous devrons nous même nous « démerder » avec « l’in-existant ». Comme toujours. Tout simplement.

Un autre exemple : les transports scolaires causent de nombreux problèmes et sont déjà saturés, un à deux cars de plus le matin occasionneront une gêne additionnelle qui ne sera pas négligeable. Laisserons-nous aux parents d’élèves le soin de régler des problèmes que d’autres qu’eux aurons occasionnés ?

Etc., etc.

Et encore, nous ne soulevons là que des « aléas » qui apparaîtront en ne tenant compte que du chiffre de 600 personnes avancé lors de la première réunion de concertation. Nous vous laissons le soin d’imaginer ce que sera la suite pour 1 500 arrivants une fois ce projet de ZAC achevé.

« L’avenir n’est jamais que du présent à mettre en ordre. Tu n’as pas à le prévoir, mais à le permettre » (Antoine de SAINT-EXUPERY). Cette phrase illustrait les propos de M. Richard MONEDERO lors de son éditorial du bulletin d’informations municipales « Envie de VIAS » hiver 2009/ printemps 2010. En accord avec cette citation, ne serait-il pas judicieux de travailler sur le dossier de création d’un collège parallèlement à la réalisation de cette ZAC ?

Un collège aux dimensions des besoins de la ville de VIAS représente environ une cinquante d’emplois permanents. Si l’on s’en réfère aux statistiques INSEE de 2007 (établies un an avant le début de la crise que nous traversons), notre commune affiche un taux de chômage de 19,2 % en troisième position par rapport aux 30 communes de l’Hérault dont la population est comprise entre 5 000 et 10 000 habitants (strate de comparaison définie par l’administration fiscale) juste derrière les villes de LODEVE (21,1 %) et PEZENAS (20,4 %) et en 9ème place à l’échelon départemental (hors commune de moins de 500 habitants).

Ce projet de ZAC sera-t-il créateur d’une cinquantaine d’emplois permanents comme le serait un collège ? Permettra-t-il de générer plus de richesses qu’il n’occasionnera de charges ? N’est-ce pas mettre la charrue avant les bœufs que d’envisager une « densification de l’habitat » sans prendre le temps de bien poser le problème en étudiant correctement les incidences d’un tel projet sur les finances de la ville, la qualité de vie de tous les viassois, etc., etc. ?

De nombreux aspects ont pour le moment été ignorés et/ou négligés. Il serait souhaitable, dans un souci de transparence et de réelle concertation, de pouvoir apporter des réponses claires à toutes ces questions. A titre d’exemple, le seul tableau ci-joint démontre qu’il existe une étroite corrélation entre l’expansion démographique d’une ville et les charges qu’elle doit supporter. Il illustre bien qu’une urbanisation non maitrisée revient, à plus ou moins brève échéance, à programmer une augmentation d’impôts locaux dès lors que cette « densification » de l’habitat dépasse un certain seuil qui est d’environ 1 % l’an.

Tel est aujourd’hui l’une des nombreuses conséquences des lois de décentralisation. Cela s’explique par le fait que les municipalités assurent désormais, au travers des SEM, des groupements de communes ou bien des services gérés, un nombre croissant de prestations pour satisfaire aux besoins de la population. Ce qu’aucun élu ne peut ignorer puisque les collectivités qu’ils dirigent ont de plus en plus de difficultés à équilibrer leur budget sans avoir recours à des augmentations d’impôts (vote en conseil municipal du mois de février de nouveaux taux d’imposition des taxes locales pour 2010).

Ces « vérités » comptables sont la plupart du temps ignorées parce que nos gestionnaires se basent encore sur d’anciennes « croyances » qui préconisent que pour accroître les recettes d’un budget, soit on augmente les impôts, soit on élargit « l’assiette » des cotisants. C’est un argument fallacieux que certains utilisent pour véhiculer des idées reçues désuètes et servir des desseins qui sont autres que la défense de l’intérêt général d’une communauté.

Pour conclure, la concertation* préalable et nécessaire à la réalisation d’une ZAC est une obligation pour les communes qui souhaitent modifier rapidement leur POS (Plan d’Occupation des Sols) par une procédure simplifiée. Parce que « nos droits ne s’usent que si l’on ne s’en sert pas », s’exprimer lors de cette phase de consultation est un devoir citoyen qu’il serait judicieux d'entretenir pour ne pas laisser à d’autres que nous le soin de construire notre avenir et celui de nos enfants.

Attendons de connaître la suite !

 

Philippe VERGNES

 

N.B. : * La concertation est le « mode d'administration ou de gouvernement dans lequel les administrés, les citoyens, les salariés, etc., sont consultés, et les décisions élaborées en commun avec ceux qui auront à les appliquer ou à en supporter les conséquences ».

 

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